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Phase 02 sur 06

Conception APS / APD

Les plans se détaillent : réseaux, réservations électriques, fluides, extraction, marche en avant. C'est ici que le projet devient constructible.

Durée
4 à 8 semaines
Livrables
5

La faisabilité a dit que le projet tenait. La conception le rend constructible. C’est la phase où le dessin cesse d’être une intention pour devenir une somme de décisions engageantes : où passe chaque réseau, où se trouve chaque réservation, quel matériel se pose à quel endroit et alimenté par quoi. Elle demande quatre à huit semaines et se déroule en deux temps, l’avant-projet sommaire puis l’avant-projet définitif.

Du parti pris au plan coté

L’avant-projet sommaire fixe l’organisation générale. La place de la cuisine par rapport à la salle, le tracé des circulations, l’implantation du bar, la capacité en couverts, les grands principes d’ambiance et de matériaux. C’est le moment des arbitrages qui coûtent cher à changer plus tard : dix couverts de plus dans la salle, ce sont des mètres carrés en moins pour la plonge, et cette conversation vaut mieux maintenant que pendant le chantier.

L’avant-projet définitif descend d’un cran à chaque itération. Les cloisons prennent leur épaisseur réelle, les portes leur sens d’ouverture, les sols leur composition. Chaque équipement de cuisine reçoit sa position exacte, ses alimentations et ses évacuations. Le plan cesse d’être une image : il devient un document que des entreprises pourront chiffrer sans avoir à deviner.

Une règle organise tout le plan de cuisine : la marche en avant. Les denrées progressent de la livraison vers l’assiette sans jamais recroiser ce qui est sale, et le personnel circule sans revenir en arrière. Ce principe d’hygiène commande l’ordre des locaux — réception, stockage, préparation froide, cuisson, dressage, plonge — bien plus fermement que l’esthétique. Quand la surface est contrainte, c’est la marche en avant qui décide, et le reste s’organise autour.

Ce qui se joue vraiment à ce stade

Le contenu réel de cette phase, ce sont les réseaux. Ils ne se voient pas sur une photo de restaurant terminé et représentent pourtant la plus grande part du travail. Il faut tracer les alimentations d’eau chaude et froide jusqu’à chaque point de puisage, les évacuations avec des pentes qui fonctionnent, les attentes électriques avec leurs puissances, la ventilation de la salle, l’extraction de la cuisine et sa compensation d’air. Puis vérifier que tout cela passe physiquement dans les volumes disponibles, sans se croiser et sans manger la hauteur sous plafond.

Les réservations sont le point le plus ingrat et le plus décisif. Une réservation, c’est un percement, une attente, un emplacement laissé libre pour un équipement qui n’arrivera que dans plusieurs mois. Elles doivent être décidées maintenant parce qu’après le coulage d’une chape ou la fermeture d’un doublage, les reprendre coûte une démolition. Un four qui change de modèle en cours de chantier ne change pas seulement de prix : il change d’encombrement, de puissance et parfois de mode d’évacuation.

C’est ici que les contraintes trouvées en faisabilité se transforment en conception. Sur l’espace traiteur d’un siège social, l’impossibilité de créer une extraction vers l’extérieur n’a pas été gérée en fin de projet : elle a commandé le choix des équipements dès l’avant-projet, et donc l’implantation, et donc l’offre. Une contrainte technique intégrée à ce stade devient invisible dans le résultat. La même contrainte découverte pendant le chantier devient un compromis, visible pour toujours.

L’acoustique se traite au même moment, pour la même raison. Un restaurant fait du bruit — la salle, la ventilation, l’extraction, les équipements de froid — et ce bruit se transmet aux logements voisins par la structure autant que par l’air. Les corrections efficaces sont celles qui s’intègrent dans la composition des cloisons, des sols et des plafonds, c’est-à-dire des ouvrages qui se décident maintenant. Traitée après coup, la question ne se règle plus qu’avec des panneaux rapportés, plus coûteux et moins efficaces, dans un lieu qui reçoit déjà du public.

La phase produit aussi le dossier d’autorisation. Selon la nature des travaux et l’aspect extérieur, il s’agit d’une autorisation de travaux pour un établissement recevant du public, éventuellement accompagnée d’une déclaration préalable. Ce dossier a son propre calendrier d’instruction, indépendant du vôtre : il doit être déposé tôt, sous peine de devenir le chemin critique du projet.

Ce que vous recevez

L’avant-projet sommaire et l’avant-projet définitif, chacun présenté et repris jusqu’à validation. Les plans de réseaux et de réservations, qui sont la pièce que les entreprises attendent. L’implantation du matériel de cuisine, cotée, avec les caractéristiques de chaque poste. Et le dossier d’autorisation, constitué et prêt à déposer.

Rien ne passe à la phase suivante sans votre validation écrite. C’est ce qui rend le dossier de consultation stable : les entreprises ne chiffreront pas un projet qui bouge encore.

Ce qu’un plan incomplet fait au chiffrage

La consultation qui vient ensuite repose sur une hypothèse simple : toutes les entreprises chiffrent la même chose. Cette hypothèse ne tient que si le dossier est complet. Un plan qui laisse une zone floue est chiffré différemment par chacun — l’un l’inclut, l’autre l’exclut, le troisième la découvre sur place. Les offres deviennent incomparables, et l’écart réapparaît en avenants pendant le chantier, au moment où vous n’avez plus aucun levier de négociation.

C’est la raison d’être des quatre à huit semaines de cette phase. Le temps passé à finir les plans est celui qu’on ne passera pas à arbitrer dans l’urgence, entreprise par entreprise, avec un chantier ouvert. La consultation des entreprises peut alors se faire sur des bases identiques pour tous.

01

Ce que vous recevez.

  1. 01 Avant-projet sommaire
  2. 02 Avant-projet définitif
  3. 03 Plans de réseaux et réservations
  4. 04 Implantation du matériel de cuisine
  5. 05 Dossier d'autorisation
02

Sur le terrain.

03

Questions fréquentes.

Quelle différence entre l’APS et l’APD ?
L’avant-projet sommaire fixe l’organisation générale : implantation, circulations, capacité, principes d’ambiance. L’avant-projet définitif descend au niveau constructible : cotes réelles, réseaux, réservations, caractéristiques des équipements. Le premier se valide sur le parti pris, le second sur le détail.
Qu’est-ce que la marche en avant et pourquoi commande-t-elle le plan ?
C’est le principe d’hygiène selon lequel les denrées progressent de la livraison vers l’assiette sans recroiser le circuit sale. Il fixe l’ordre des locaux — réception, stockage, préparation, cuisson, dressage, plonge — et prime sur l’esthétique quand la surface est contrainte.
Puis-je encore changer un équipement de cuisine après cette phase ?
C’est possible mais coûteux. Un équipement définit ses réservations : arrivées, évacuations, puissance, encombrement. Une fois les chapes coulées et les doublages fermés, changer de modèle suppose de reprendre ces attentes, donc de démolir. Les choix se font pendant l’avant-projet définitif.

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